Santé gaie (ancien site)

C’est une approche holistique qui tient compte des aspects biologiques, psychiques, sociaux et spirituels de la santé et des facteurs sociaux et environnementaux qui les influencent (les déterminants de la santé). C’est un travail communautaire qui se fait en interaction avec (et non seulement pour) la communauté gay. La santé gaie est un concept en développement dans différents pays depuis l’apparition de traitements efficaces contre le sida à la fin des années 1990.

Le projet santé gaie de Genève

C’est une recherche-action communautaire, réalisée en collaboration entre acteurs de terrain et chercheurs afin de recueillir des données sur la santé globale des hommes gays de l’arc lémanique, de fixer des priorités fondées sur leurs besoins réels et de réaliser des projets d’intervention pour y répondre.

Ce site présente l’origine de la démarchela visionla méthode et les outilsles résultats des recherchesles projets et collaborations mis en place dans le cadre de ce projet afin de servir de référence aux communautés gay et LGBT, à leurs associations et aux autres acteurs impliqués en Suisse et à l’étranger. Afin de simplifier la lecture, l’expression « hommes gays » utilisée dans ce site représente tous les hommes gays et bisexuels.

Les résultats des recherches présentés dans le mandala des résultats sont les réponses à plusieurs centaines de questions apportées par plus de 1300 hommes gays et bisexuels de Genève et de l’arc lémanique dans le cadre des discussions en groupe focus, de l’enquête de base et des 2 enquêtes complémentaires sur la santé mentale et la suicidalité pendant une décennie. Si vous avez peu de temps les résumés de la thèse de doctorat présentent l’essentiel des résultats scientifiques.

Les priorités identifiées dans les résultats des recherches ont servi à mettre en place des projets d’intervention dont la plupart sont encore actifs aujourd’hui. Ces projets et leurs outils sont également présentés sur ce site.

De la lutte contre le sida à la santé gaie

Le projet santé gaie est né en l’an 2000 au sein de Dialogai, une association d’hommes homosexuels très active dans la prévention du sida dans la communauté gay, la lutte contre les discriminations et l’accès au traitement depuis 1985. C’est pourquoi le projet santé gaie a été lancé en direction de la communauté homosexuelle masculine.

La santé des femmes lesbiennes 

En Suisse, la santé des femmes lesbiennes et bisexuelles a été prise en charge par Santé pluriELLE et les Klamydia’s dès 2007. Les femmes lesbiennes et bisexuelles sont également plus vulnérables, en particulier dans le domaine de la santé mentale et des risques suicidaires. Ainsi, le projet Blues-out, axé sur la dépression, a été lancé en 2008 en 2 versions hommes et femmes avec l’association Lestime. Globalement les femmes lesbiennes et les hommes gays partagent certaines vulnérabilités de santé mais présentent également des problèmes spécifiques liés au genre.

La santé LGBT

La santé LGBT chapeaute la santé lesbienne, la santé gaie, la santé bisexuel.le et la santé trans. Chacune a ses spécificités mais des problèmes communs sont reconnus qui permettraient des synergies entre ces groupes. Les experts de la santé parlent de la santé des minorités sexuelles.

La santé LGBT est active dans certains pays mais en Suisse, aucune instance ne s’en occupe actuellement. Les questions de savoir si elle devrait se développer et qui serait en mesure de prendre en charge ce travail sont ouvertes. Les réponses ne peuvent pas être prises top-down, sans consultation et débat avec les différentes communautés concernées et sans que les organisations qui les représentent s’engagent véritablement dans un travail pour réduire les inégalités de santé dont elles souffrent et pour répondre à leurs besoins réels.

Qui sommes-nous ?

Le projet santé gaie est réalisé en collaboration entre les collaborateurs d’une association homosexuelle et des chercheurs universitaires sous la direction de deux acteurs principaux, Michael Häusermann et le Dr Jen Wang.

Michael Häusermann, co-fondateur de Dialogai, ancien directeur de l’Aide suisse contre le sida, a dirigé le projet à Dialogai de 2000 à 2018. Il a en particulier été responsable d’écrire un tout premier document de réflexion sur la santé gaie, d’articuler la vision pour le projet, d’organiser la récolte de données sur le terrain, de vulgariser et présenter les résultats à la communauté gay de Genève et aux acteurs de la santé et de développer les projets communautaires comme « Etre gay ensemble »« Checkpoint » et « Blues-out » pour répondre aux besoins de santé des gays révélés par les résultats des recherches.

Jen Wang, principal chercheur du projet (à l’Université de Zurich de 1994 à 2014, à l’Institut tropical et de santé publique suisse (Swiss TPH) de 2006 à 2014 et au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) depuis 2017), a dirigé les différentes phases de la recherche depuis 2001 : les groupes focus de discussion, l’analyse de la littérature scientifique, l’élaboration du questionnaire de l’enquête de base sur la santé en 2002, les deux enquêtes approfondies sur la santé mentale en 2007 et 2011 et la recherche sur la suicidalité, la publication des résultats dans des revues scientifiques et la soutenance de sa thèse de doctorat sur le projet.

Remerciements

Aux hommes gays et bisexuels de l’arc lémanique qui ont participé aux groupes focus, aux enquêtes, aux débats et discussions sur les résultats et les projets.

A tous les collaborateurs de Dialogai et en particulier à Vincent Jobin qui a collaboré avec intérêt à toutes les étapes du projet, de la récolte de données sur le terrain à la mise en place de projets, en particulier Checkpoint, à Richard Zahno pour son intérêt et son engagement dans le programme Etre gai ensemble, à Guillaume Mandicourt et Rocco Senatore, pour leur collaboration très active pour le projet Blues out.

Aux membres du groupe de travail santé gaie, au comité scientifique, aux experts suisses et étrangers, aux associations et organisations qui ont accompagné le projet.

Les personnes et organisations remerciées ci-dessous ont apporté des contributions d’importance différente à différents moments du projet. Certaines ont accompagné le projet durant tout son développement, d’autres durant une étape précise de la recherche ou de la mise en place d’un projet.

Experts scientifiques: Peter Aggleton, Sylvan Berrut, Vladeta Ajdacic-Gross, Anthony Jorm, Meichun Mohler-Kuo, Martin Plöderl, Lorenzo Soldati, Penelope Vounatsou, Mitchell Weiss, Hans Wydler

Experts du groupe de travail santé gaie initial : Juliette Buffat, Pierre Cochand, Christian Mounir, Jean-Marc Guinchard, Bernard Hirschel, Giovanna Meystre-Agustoni, Udo Rauchfleisch, Margrit Schmidt, Philippe Sudre, Ralf Thomas, Martin Werner

Experts canadiens: Ron Clarke, Bill Ryan

Volontaires et collaborateurs de Dialogai: Nabil Benaïssa, Fabien Bertrand, Helmut Eichinger, Philippe Kunzi, Alain Rias, Michel Thuriaux, Alexandre Rys

Associations partenaires de projets : Lestime360Aide suisse contre le sidaPro Mente SanaTrajectoires

Nos remerciements vont aussi aux soutiens financiers du projet depuis son lancement: l’Institut de médecine sociale et préventive de l’Université de Zurich, le Fonds national suisse de la recherche scientifique, le canton de Genève, l’Office fédéral de la santé publique, l’Aide suisse contre le sida, la Loterie Romande.

Traduction 

Traduit à partir du français vers l’allemand par Mme Dorothée Hofer. eurocommunication.com

Impressum

Le site a été conçu par Stamina et le graphisme par Parson Research

Contact: santegaie@dialogai.org

Ce site a été réalisé avec le soutien du canton de Genève et de l’Office fédéral de la santé publique.

Le concept de santé gaie est né dans la deuxième moitié des années 1990 suite à l’apparition de traitements antirétroviraux efficaces contre le sida (trithérapies). Il est développé par des acteurs importants de la lutte contre le sida et des chercheurs aux USA, au Canada, en Australie, dans quelques pays d’Europe du Nord et à Genève.

A la fin des années 1990, l’activiste nord-américain Eric Rofes a proclamé la fin de la crise du sida et a milité pour un mouvement de santé gaie fondé sur les forces de la communauté et non sur ses soi-disant faiblesses et défauts. Il a défendu une approche de la santé globale, non limitée au VIH et non pathologique, et était convaincu que les gays sont capables de prendre soin d’eux-mêmes, des autres et de la communauté et de créer et gérer leurs propres projets et centres de santé.

Afin d’identifier et de répondre aux spécificités en matière de santé des populations LGBT, il faut récolter des données dans plusieurs domaines de la santé, les comparer avec la population générale et formuler des réponses aux besoins prioritaires. Les données récoltées depuis l’an 2000 ont démontré clairement que la santé des hommes gays ne se limite pas au sida et que les gays souffrent de multiples problèmes de santé. Les professionnel.le.s de la santé et les associations communautaires doivent se former sur les vulnérabilités de santé des personnes LGBT, adapter leurs prestations et élargir leurs offres pour répondre à cette situation.

Les hommes gays et, plus largement, les communautés LGBT (lesbiennes, gays, bisexuel.les et trans) vivent le plus longtemps possible en bonne santé et jouissent d’une vie épanouie en complet bien-être physique, mental et social à toutes les étapes de la vie. Ils et elles jouissent d’un niveau de santé et de bien-être égal à l’ensemble de la population générale.

En priorité, les inégalités en matière de santé dont ils et elles souffrent doivent être résorbées, ainsi que leurs causes.

Les personnes LGBT ont accès à de l’information, des ressources et des services de qualité relatifs à leur santé, appropriés à leurs cultures, respectueux de leurs différences, positifs et définis sur la base de leurs besoins réels de santé globale.

Les personnes LGBT prennent leurs propres décisions en matière de santé et de bien-être. Elles partagent la responsabilité de leur santé individuelle, de la santé de leurs partenaires et de la santé de leur communauté.

Dialogai s’engage en priorité avec la communauté des hommes gays et bisexuels et établit des collaborations, des alliances et des partenariats avec tous les services publics et privés qui partagent cette vision afin de la mettre en œuvre.

C’est une vision globale de la santé des hommes gays qui tient compte de ses aspects biologiques, psychologiques, sociaux, émotionnels, spirituels et politiques.

C’est envisager la santé comme une ressource de la vie quotidienne qui permet de réaliser et d’accomplir des choses et pas seulement comme une absence de maladies ou d’infirmités.

C’est tenir compte que la santé des gays dépend également de facteurs économiques et sociaux nommés les déterminants de la santé et de facteurs de stress environnementaux et sociaux particuliers. La stigmatisation de l’homosexualité, toujours d’actualité, les discriminations et les violences que les gays subissent ont un impact négatif très important sur leur état de santé et leur qualité de vie.

C’est reconnaître que les hommes gays sont soucieux de leur santé, se sentent responsables de leur santé et sont capables de prendre soin d’eux-mêmes, des autres et de leur communauté avec le soutien de leurs organisations. Le travail en santé gaie est un travail communautaire qui se fait en interaction avec les gays et non seulement pour eux.

C’est valoriser l’histoire et l’héritage unique de la lutte contre le sida et des bonnes pratiques et ressources qui ont fait partie de la réponse à l’épidémie, en particulier l’efficacité de l’approche communautaire.

Le concept de santé gaie ne peut pas être utilisé pour continuer à faire essentiellement de la prévention du sida sous un chapeau à la mode. Les questions de santé sexuelle et de consommation de substances sont toujours d’actualité chez les hommes gays et font régulièrement l’objet de projets spécifiques et d’articles sensationnels dans les médias. Ces questions font partie de la santé gaie, comme beaucoup d’autres, mais ne sont pas les problèmes de santé les plus importants de la majorité des hommes gays. Agir uniquement en santé sexuelle et en prévention des abus de substances, c’est réduire la vie des hommes gays à ses aspects hédonistes et perpétuer une image fausse de la communauté gay dans la société.

Dans les années 1970 les premières organisations gays et lesbiennes ont lancé des projets et quelques cliniques (par ex. le centre Fenway à Boston) ont été créées pour offrir des services de santé à la communauté homosexuelle en Amérique du Nord et quelques pays européens.

Avec l’apparition du sida au début des années 1980, la plupart de ces services de santé, et Dialogai à Genève, ont revu leur priorité pour répondre à la situation de crise déclenchée par cette épidémie. Ce n’est qu’à partir de la fin des années 1990, suite à l’apparition des traitements antirétroviraux contre le VIH que plusieurs chercheurs et acteurs influents de la lutte contre le sida ont exprimé le besoin de prendre en compte d’autres problèmes de santé qui avaient été négligés pendant des années.

International

La renaissance du mouvement de santé gaie suite à l’apparition des trithérapies du VIH s’est concrétisée aux USA par le premier Gay Men’s Health Summit en 1999 puis le premier LGBTI Health Summit en 2002, les deux à Boulder, Colorado. Des collaborateurs de Dialogai ont participé aux réunions du Gay Men’s Health Think Tank en 2001 et 2002 à San Francisco et Sydney et au Gay Men’s Health Summit en 2003 à Raleigh, en Caroline du Nord. Le Gay Men’s Health Think Tank a réuni une cinquantaine d’activistes, de chercheurs et de responsables d’organisations gays et d’organisations de lutte contre le sida, majoritairement des pays anglophones, intéressés à promouvoir la santé globale des hommes gays.

Parallèlement des chercheurs et des acteurs de la santé publique aux USA ont commencé à dire que pour améliorer la prévention du VIH, il fallait prendre en compte les autres besoins de santé et tenir compte des contextes sociaux. En 1999, l’association américaine de santé publique (APHA) a publié des appels à réaliser plus de recherches sur les liens entre maladie et orientation sexuelle et a commencé à utiliser les termes de « minorités sexuelles » et de « santé des minorités sexuelles ».

En 2001, le Canada a été le premier pays à mettre la santé gaie dans le programme national de prévention du VIH et la démarche canadienne a servi de modèle pour les premières étapes du projet santé gaie de Genève. Le document « Valorisation des vies des hommes gays » présente bien cette démarche.

En France, c’est l’association Warning qui la première s’est intéressée à la question de la santé gaie en organisant une conférence internationale en 2005 où les principaux militants, chercheurs et acteurs de la santé gaie d’Australie, du Canada, des Etats Unis, du Royaume Uni et de Suisse ont été invités à présenter leurs réflexions, leurs actions, leurs recherches et leurs projets. Cette conférence a donné lieu à la publication d’un ouvrage « Santé gaie » en 2010.

Depuis le début des années 2010, la section européenne de l’Association internationales des lesbiennes et des gays, ILGA-Europe, traite également des questions de santé touchant les personnes LGBTI, en particulier les questions de droit de la santé.

Suisse

La notion de santé gaie est apparue à Dialogai en l’an 2000. Fondée en 1982 dans le but d’offrir un espace d’accueil, d’écoute, d’information et de solidarité aux hommes gays, l’association est devenue membre de l’Aide suisse contre le sida (ASS) lors de sa fondation en 1985 et est la seule organisation homosexuelle de Suisse à avoir développé un travail professionnel de prévention du sida dans la communauté homosexuelle masculine, de défense des droits des personnes séropositives et de plaidoyer pour l’accès au traitement. Ce faisant, l’association a acquis des compétences, des connaissances et une renommée qui ont permis le développement du projet santé gaie en 2000.

Le projet Checkpoint lancé dans le cadre du projet santé gaie en 2005 a rapidement connu du succès et a été repris à Zurich et à Lausanne dans les années suivantes. Ce projet a également permis de faire connaître la démarche en santé gaie de Dialogai au delà de Genève et à montrer l’importance des questions de santé sociale et mentale chez les gays. Conçus à l’origine comme des centre de tests et conseils volontaires (VCT) en santé sexuelle pour hommes gays et bisexuels, les Checkpoints ont développé des prestations en santé mentale dans les années suivantes et plus récemment en santé globale.

En 2006 est née la Fondation Agnodice qui a pour objectif de promouvoir en Suisse une société considérant les variations de l’identité de genre ou du développement sexuel comme une richesse relevant de la diversité humaine. Cette fondation a, entre autres, pour but de garantir l’accès à des soins et des services de santé de qualité pour les jeunes trans.

Dès 2007,  le groupe Santé PluriELLE  de l’organisation suisse des lesbiennes (LOS) a commencé un travail sur la santé des femmes lesbiennes et bisexuelles. Ce groupe a en particulier participé à la réalisation de la première enquête sur la santé des femmes qui aiment les femmes en 2013 et au travail du groupe santé PREOS.

En 2008, un collectif s’est formé pour répondre au constat que l’information sur la santé sexuelle des femmes qui aiment les femmes était lacunaire. Ce collectif est devenu l’association Les Klamydia’s en 2012. Les Klamydia’s élaborent des outils de prévention, parmi lesquels le jeu Lez Game! le jeu saphique hétéroCLIT.

A l’initiative de l’Organisation suisse des lesbiennes (LOS) et de la Fédération suisse des gays (Pink Cross) des journées pour prévenir le rejet basé sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre chez les jeunes, les journées PREOS, ont été organisées en 2011 à Lausanne et dans d’autres villes romandes. Dans ce cadre, un groupe santé a réalisé un très bon rapport « Vers un système de santé équitable et inclusif à l’égard des personnes LGBT » qui fait l’état des lieux et des recommandations afin que le système de santé réponde de manière plus adéquate aux besoins.

Actuellement, une « Plateforme Santé LGBT » réunit les associations LGBT de Suisse romande et des experts dans le but de mettre en place des modules de formation des professionnel.le.s de la santé.

Le projet santé gaie

La commission sida de Dialogai a initié des réflexions sur le futur de la prévention du VIH et sur les autres questions de santé des hommes gays suite à l’apparition des trithérapies contre le sida dès la fin des années 1990. En l’an 2000, l’assemblée générale de l’association a décidé d’élargir le travail en santé de Dialogai et a mandaté Michael Häusermann pour rédiger une stratégie et des propositions d’actions sur la santé gaie. Cette stratégie intitulée « santé gaie, papier de discussion » exposait que d’autres organisations gays actives sur le sida, en particulier dans les pays anglo-saxons, étaient confrontées aux mêmes défis que Dialogai et proposait de réaliser une analyse des besoins de santé des hommes gays de Genève sous la forme d’une recherche-action communautaire: le « projet santé gaie ». Sur la base des connaissances et des compétences acquises par son engagement contre le sida et par la reconnaissance de son rôle de leader de la communauté gay genevoise, Dialogai avait alors tous les atouts en main pour promouvoir la santé globale et améliorer la qualité de vie de la communauté gay.

Une collaboration a été mise en place avec l’Institut de médecine sociale et préventive de l’Université de Zurich en 2001 et un chercheur épidémiologiste, Jen Wang, expert en recherche communautaire, afin de garantir la qualité des méthodes de recherches et des résultats, un accompagnement à la présentation des résultats à la communauté gay et à la mise en place de projets d’intervention et l’accès à des fonds pour la recherche.

Face au manque total de données sur la santé des hommes gays en Suisse à cette date, à l’exception du sida, des recherches qualitatives et quantitatives approfondies sur la santé de ce groupe ont été lancées. En 2001, une série de discussions en groupe focus a été réalisée et, sur la base de ces données qualitatives, l’enquête de base quantitative auprès de 570 hommes gays et bisexuels a été menée en 2002. L’enquête de base a révélé que c’est dans les domaines de la santé sociale et de la santé mentale que les problèmes des hommes gays sont les plus graves et les plus lourds de conséquences négatives sur la qualité de vie. Ces résultats ont fait l’objet d’une publication vulgarisée intitulée « Les premiers résultats de l’enquête de base sur la santé des hommes gays »  et ont été présentés à la communauté gay de Genève afin de définir avec elle quelles priorités fixer et quels projets communautaires mettre en place pour répondre aux besoins. Ainsi, les projets suivants ont été successivement réalisés: le programme « être gay ensemble » (2004), la liste des thérapeutes gay-friendly (2004) et Checkpoint (2005).

Au vu de la gravité des résultats en santé mentale et sur le suicidedeux enquêtes complémentaires axées sur ces thèmes ont été réalisées dans la communauté gay en 2007 et en 2011 et une analyse comparative des résultats sur le suicide de 3 enquêtes suisses a été réalisée. Les deux enquêtes complémentaires sur la santé mentale ont servi de référence pré et post intervention pour évaluer l’impact du projet Blues-out, projet inédit de déstigmatisation, d’information et d’orientation sur la dépression lancé en 2008 dans les communautés gay et lesbienne.

Les résultats des recherches sur le suicide ont fait l’objet d’une conférence de presse nationale très bien suivie en 2013 et ont nourri la réalisation du Plan d’action pour la prévention du suicide en Suisse, approuvé par le Conseil fédéral en 2016.

L’article « Le projet santé gaie de Dialogai: de la recherche à l’action » présente l’histoire du projet santé gaie de manière détaillée de 2000 à 2009.

Sensibiliser et informer la communauté gay et les autorités sanitaires et politiques, sensibiliser et former les professionnels de la santé à la prise en charge et aux vulnérabilités particulières des hommes gays est essentiel au développement d’un travail en santé gaie. En effet, les besoins spécifiques des hommes gays et les mesures à prendre pour les soigner de manière respectueuse et adéquates sont largement méconnus des professionnel.le.s de la santé. La croyance que le sida et les IST sont les seuls problèmes de santé des gays reste encore largement répandue. Face à l’ampleur du travail, encore plus important si l’on considère les populations LGBT, on peut se poser la question de savoir qui est le mieux habilité pour promouvoir et développer un travail de promotion de la santé gaie. Est-ce les organisations LGBT, les organisations sida ou les acteurs de la santé publique ?

Autorités sanitaires

La direction de la santé du Canton de Genève soutient financièrement Dialogai depuis 1987 pour la prévention du sida. Elle a été consultée et a soutenu le développement du projet santé gaie dès son lancement en l’an 2000. Elle a d’abord approuvé la démarche puis a soutenu moralement et financièrement le développement de projets d’intervention comme Checkpoint et Blues-out. Elle a par contre résisté jusqu’à aujourd’hui, malgré plusieurs demandes, à mandater Dialogai pour promouvoir la santé globale des hommes gays et continue à financer l’association dans le cadre d’un projet de loi visant essentiellement la prévention du VIH et des autres IST. Cependant, dans le contrat de prestations en cours, elle demande à Dialogai de promouvoir la santé globale et, en particulier, la santé mentale des hommes gays et bisexuels.

L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a soutenu financièrement le travail scientifique préliminaire à l’enquête de 2002, la présentation des résultats de cette enquête aux acteurs de la prévention du sida dans plusieurs villes et le développement du projet pilote Checkpoint dans le but d’en faire un modèle d’intervention reproduit depuis dans plusieurs villes suisses. Les résultats des recherches du projet santé gaie ont également été présentés à plusieurs occasions aux chercheurs et acteurs suisses de la prévention du sida. Plus récemment, les résultats des recherches du projet santé gaie sur la suicidalité ont nourri le plan d’action pour la prévention du suicide en Suisse.

Professionnel.le.s de la santé

Le fait que les hommes gays consultent beaucoup de professionnel.le.s de la santé mais qu’ils sont toujours en mauvaise santé signale l’existence de problèmes d’adéquation des soins. D’une part, les professionel.le.s de la santé ne sont pas encore formés aux vulnérabilités de santé des personnes LGBT et, d’autre part, ils ne sont que très rarement formés à communiquer sur la sexualité, l’orientation sexuelle et l’identité de genre avec leurs patients. Fondamentalement la question se pose de savoir si les questions de santé LGBT devrait faire partie de la formation de base ou de la formation continue des professionnel.le.s de la santé, en particulier des médecins. Cette question n’est pas réglée aujourd’hui. Actuellement, des modules de formation développés en collaboration entre experts de la santé et associations LGBT sont en train d’être développés en Suisse romande.

L’Association des Médecins du canton de Genève (AMGe) a été informée de la démarche dès l’origine du projet et des médecins ont fait partie du groupe d’experts du projet. Pour le projet Checkpoint, un contrat de collaboration a été établi avec le Département de médecine communautaire des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Avec le développement du centre médical Checkpoint, ce sont davantage de médecins de diverses spécialités qui travaillent ou réalisent des stages avec une clientèle homosexuelle et se forment à la santé gaie directement sur le terrain. Checkpoint pourrait à l’avenir devenir un lieu de stage reconnu pour les étudiant.e.s en médecine.

Associations LGBT

Dialogai jouit d’une situation exceptionnelle en Suisse. Seule organisation homosexuelle qui a développé un travail de prévention professionnel du VIH, elle a acquis des compétences en travail communautaire et des connaissances en santé qui lui ont permis de développer le projet santé gaie. Même pour Dialogai cependant, le développement du projet santé gaie et la promotion de la santé globale des gays est un défi. Un projet de recherche-action d’une telle envergure nécessite qu’une organisation soit prête à y consacrer l’essentiel de son intérêt, de ses moyens et de ses activités pendant de très longues années.

La démarche, les résultats des recherches et les projets d’intervention ont été présentés à plusieurs reprises aux organisations LGBT suisses comme Pink Cross, Medigay, la réunion des associations LGBT romande et à la fédération genevoise des associations LGBT. Avec le soutien de l’OFSP, deux journées nationales de présentation du projet santé gaie et de ses premiers résultats aux organisations homosexuelles romandes et alémaniques ont été organisées à Lausanne et Zurich en 2003 afin de les stimuler à s’engager dans la promotion de la santé globale. En 2006, le projet a été présenté à la Conférence internationale de l’ILGA à Genève.

Notre travail a soulevé l’intérêt de quelques associations LGBT et d’institutions et a stimulé de nouvelles recherches comme celle de Profa et de Santé PluriELLE sur la santé des femmes qui aiment les femmes et le rapport du groupe de travail santé des journées PREOS en 2011. Certains projets d’intervention ont été réalisés en collaboration avec d’autre associations LGBT comme Lestime, association des femmes lesbiennes de Genève, pour le projet Blues-out.

Force est de constater cependant que les principales organisations LGBT suisses ont, à cette date, montré peu d’intérêt à s’engager dans le domaine de la santé pour répondre aux besoins de leurs communautés. Certaines d’entre elles estimant que les enquêtes du projet santé gaie dressaient un portrait trop triste des hommes homosexuels qui pouvaient nuire à l’image des gays dans la société.

Associations sida

Les associations sida et leur organisation faîtière, l’Aide suisse contre le sida (ASS) se sont également intéressées au projet santé gaie, tout particulièrement au projet Checkpoint, lancé en 2005 par Dialogai, projet qui permettait de répondre concrètement à un désir de prendre en charge la santé sexuelle, souvent limitée cependant au dépistage et au traitement du VIH et des autres IST. Des Checkpoints ont été ouverts par les associations sida à Zürich, à Bâle et à Berne dans les années suivantes. Le Checkpoint de Zurich a rapidement également offert des prestations en santé mentale. Globalement, la majorité des associations sida restent encore principalement centrées sur la prévention du VIH et des IST et ne semblent pas encore être en mesure actuellement de développer un travail de promotion de la santé globale.

Ce document de réflexion stratégique présente les changements en cours en l’an 2000 dans le domaine de la prévention du sida depuis l’apparition des traitements antirétroviraux et ce que le terme de santé gaie pourrait recouvrir. Il présente la démarche canadienne sur cette question et propose de réaliser une analyse des besoins de santé des hommes gays de Genève. Ce document et les propositions qu’il fait ont été validés suite à une procédure de consultation des organes de Dialogai et des autorités sanitaires du Canton de Genève.

Une analyse de la littérature scientifique internationale sur la santé des hommes gays et des populations LGBT a été réalisée avant le lancement du projet afin de réunir des informations sur les connaissances existantes à l’époque afin de préparer l’enquête de base et d’avoir des données comparatives pour nos résultats. Ces informations ont été synthétisées dans un manuel qui a servi comme introduction aux différents domaines de la santé et a facilité le partage des données entre les partenaires scientifiques et communautaires.

Objectif

Sur la base des résultats de l’analyse de la littérature et des recherches qualitatives, décision a été prise de lancer une enquête sur la santé des hommes gays de Genève en 2002. Le but était de récolter des données standard sur l’état de santé, les comportements et les attitudes face à la santé. Ces données devaient permettre de connaître les problèmes de santé les plus courants chez les gays afin de fixer des priorités pour la réalisation de projets d’intervention et de sensibiliser les autorités sanitaires. Dans la mesure du possible, l’enquête devait permettre la comparaison des résultats avec la population générale afin d’identifier des spécificités, voire des inégalités, en matière de santé.

Les réponses des hommes gays et bisexuels de l’arc lémanique aux questionnaires de santé du projet ont été comparées avec les réponses aux mêmes questions des hommes de la population générale de l’Enquête suisse sur la santé (ESS) . Pour l’enquête de base de 2002, les répondants ont été appariés. Cela signifie que chaque participant à l’enquête santé gaie a été comparé avec un participant homme du même âge, du même lieu de domicile et de la même nationalité de l’ESS 2002. Certaines questions de nos enquêtes ne sont pas posées dans l’ESS. Dans ces cas, ce sont les résultats d’enquêtes sur la santé d’hommes de la population générale de pays comparables à la Suisse qui ont été choisis. Les sources des comparaisons sont systématiquement citées sous les tableaux graphiques.

Le questionnaire

Dans le but de pouvoir comparer nos résultats à ceux de la population générale, nous avons utilisés les mêmes questions que celles de l’Enquête suisse sur la santé (ESS). Dans les cas ou des instruments standardisés européens pour les enquêtes sur la santé (EUROHIS) existaient, nous avons choisi ces questions. Enfin, nous avons choisi un certain nombre de questions de l’Enquête nationale sur la santé de la population du Canada qui couvre particulièrement bien les aspects psychosociaux et les domaines de vie.

Le questionnaire de l’Enquête santé gaie de base en 2002 comprenait 550 questions dont 95% provenant d’instruments et d’enquêtes existants standardisés. La réponse aux questions durait entre 1h et 1h30. Il a été conçu pour être auto-administré par les répondants directement sur ordinateur portable ou en ligne. Vu sa durée, il était composé de deux parties auxquelles on pouvait répondre en une fois ou en plusieurs fois ultérieurement au moyen d’un code unique sur un site Internet ad hoc.

Echantillonnage

La question de la représentativité est un défi important lorsque l’on étudie des populations minoritaires et difficiles à atteindre. Les hommes qui s’identifiaient comme gay ou bisexuel ou avaient au moins eu une relation sexuelle avec un homme et qui fréquentaient les lieux de rencontre ont formé la population de base pour l’enquête. Nous avons choisi la méthode d’échantillonnage espace-temps (time-space sampling) développée par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux USA pour les populations difficiles à atteindre. Tous les lieux commerciaux et non commerciaux, réels ou virtuels, fréquentés par des gays de Genève ont été analysés au préalable pour connaître la fréquentation selon les heures d’ouverture et dresser un portrait des usagers. Sur cette base, un plan d’intervention a été élaboré précisant dans quelle tranche horaire intervenir et à combien de personnes proposer le questionnaire de manière aléatoire.

Nombre de participants et taux de participation par type de lieux de rencontre
 Nb de participantsTaux de participation
Associations, groupes gays6986%
Bars, cafés6961%
Discos, parties22069%
Sex-clubs2876%
Saunas9753%
Parcs, toilettes publiques4138%
Sites Internet gays4715%
Total57150%

D’octobre à décembre 2002, l’équipe de recrutement a proposé le questionnaire à 1153 hommes éligibles pour l’enquête. 63% d’entre eux ont accepté de participer. Finalement ce sont 571 hommes (50%) qui ont véritablement rempli le questionnaire. La participation a été la plus élevée dans les lieux de rencontre réels (62%) et la plus faible sur les lieux de rencontre virtuels sur Internet (15%).

Les résultats de l’enquête de base ont été comparés à ceux de l’Enquête suisse sur la santé (ESS) de 2002. Concrètement chaque homme gay ou bisexuel participant à l’enquête de base résidant en Suisse a été apparié à un homme participant à l’ESS du même âge, de la même région et de la même nationalité.

Les citations figurant dans l’image sont des réponses à des questions ouvertes posées aux participants des enquêtes de 2007 et 2011 sur la dépression. La participation aux enquêtes du projet santé gaie étant anonyme, ce sont des prénoms fictifs qui sont utilisés.

Suite aux résultats préoccupants de l’enquête de base sur la santé psychique des hommes gays et bisexuels, nous avons réalisé deux enquêtes complémentaires en 2007 et 2011 centrées sur la santé mentale et sur le suicide.

Des vignettes décrivant une personne en dépression permettaient d’évaluer les attitudes, les connaissances en santé mentale et les croyances sur les traitements. Ces questionnaires comprenaient également des questions ouvertes aux participants qui avaient souffert d’une dépression ou fait une tentative de suicide afin de récolter les raisons qu’ils percevaient à leur maladie ou à leur acte et ce qu’ils avaient fait de leur propre chef ensuite. Ce sont une partie de ces réponses qui forment les citations figurant sur le site.

La même méthode d’échantillonnage a été utilisée dans ces deux enquêtes et l’enquête de base.

Ces 2 recherches complémentaires ont également servi d’enquête pré-intervention et post-intervention pour évaluer l’impact du projet Blues-out dans la communauté gay.

Nombre de participants aux 3 enquêtes du projet santé gaie

 200220072011
Nombre de participants571276486
Taux de réponse68%44%38%
% de réponses sur sites Internet de rencontre7%19%21%
% d’hommes gays87%92%89%
% de participants domiciliés à Genève50%56%45%
% de moins de 25 ans17%21%14%

Résultats des recherches

 

Qui sommes-nous ?

Le projet santé gaie est réalisé en collaboration entre les collaborateurs d’une association homosexuelle et des chercheurs universitaires sous la direction de deux acteurs principaux, Michael Häusermann et le Dr Jen Wang.

Michael Häusermann, co-fondateur de Dialogai, ancien directeur de l’Aide suisse contre le sida, a dirigé le projet à Dialogai de 2000 à 2018. Il a en particulier été responsable d’écrire un tout premier document de réflexion sur la santé gaie, d’articuler la vision pour le projet, d’organiser la récolte de données sur le terrain, de vulgariser et présenter les résultats à la communauté gay de Genève et aux acteurs de la santé et de développer les projets communautaires comme « Etre gay ensemble »« Checkpoint » et « Blues-out » pour répondre aux besoins de santé des gays révélés par les résultats des recherches.

Jen Wang, principal chercheur du projet (à l’Université de Zurich de 1994 à 2014, à l’Institut tropical et de santé publique suisse (Swiss TPH) de 2006 à 2014 et au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) depuis 2017), a dirigé les différentes phases de la recherche depuis 2001 : les groupes focus de discussion, l’analyse de la littérature scientifique, l’élaboration du questionnaire de l’enquête de base sur la santé en 2002, les deux enquêtes approfondies sur la santé mentale en 2007 et 2011 et la recherche sur la suicidalité, la publication des résultats dans des revues scientifiques et la soutenance de sa thèse de doctorat sur le projet.

Remerciements

Aux hommes gays et bisexuels de l’arc lémanique qui ont participé aux groupes focus, aux enquêtes, aux débats et discussions sur les résultats et les projets.

A tous les collaborateurs de Dialogai et en particulier à Vincent Jobin qui a collaboré avec intérêt à toutes les étapes du projet, de la récolte de données sur le terrain à la mise en place de projets, en particulier Checkpoint, à Richard Zahno pour son intérêt et son engagement dans le programme Etre gai ensemble, à Guillaume Mandicourt et Rocco Senatore, pour leur collaboration très active pour le projet Blues out.

Aux membres du groupe de travail santé gaie, au comité scientifique, aux experts suisses et étrangers, aux associations et organisations qui ont accompagné le projet.

Les personnes et organisations remerciées ci-dessous ont apporté des contributions d’importance différente à différents moments du projet. Certaines ont accompagné le projet durant tout son développement, d’autres durant une étape précise de la recherche ou de la mise en place d’un projet.

Experts scientifiques: Peter Aggleton, Sylvan Berrut, Vladeta Ajdacic-Gross, Anthony Jorm, Meichun Mohler-Kuo, Martin Plöderl, Lorenzo Soldati, Penelope Vounatsou, Mitchell Weiss, Hans Wydler

Experts du groupe de travail santé gaie initial : Juliette Buffat, Pierre Cochand, Christian Mounir, Jean-Marc Guinchard, Bernard Hirschel, Giovanna Meystre-Agustoni, Udo Rauchfleisch, Margrit Schmidt, Philippe Sudre, Ralf Thomas, Martin Werner

Experts canadiens: Ron Clarke, Bill Ryan

Volontaires et collaborateurs de Dialogai: Nabil Benaïssa, Fabien Bertrand, Helmut Eichinger, Philippe Kunzi, Alain Rias, Michel Thuriaux, Alexandre Rys

Associations partenaires de projets : Lestime360Aide suisse contre le sidaPro Mente SanaTrajectoires

Nos remerciements vont aussi aux soutiens financiers du projet depuis son lancement: l’Institut de médecine sociale et préventive de l’Université de Zurich, le Fonds national suisse de la recherche scientifique, le canton de Genève, l’Office fédéral de la santé publique, l’Aide suisse contre le sida, la Loterie Romande.

Traduction 

Traduit à partir du français vers l’allemand par Mme Dorothée Hofer. eurocommunication.com

Impressum

Le site a été conçu par Stamina et le graphisme par Parson Research

Contact: santegaie@dialogai.org

Ce site a été réalisé avec le soutien du canton de Genève et de l’Office fédéral de la santé publique.

Contact

Santé communautaire – Dialogai
Rue de la Navigation 11
1201 Genève

santecommunautaire@dialogai.org
+41 22 906 40 40