Face aux violences LGBTIQ+phobes, un rassemblement le 17 mai 2026 pour la mémoire et l’égalité (discours, photos et vidéos)

À l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie, le 17 mai 2026, Dialogai a participé à la cérémonie de solidarité organisée à Genève en hommage aux victimes de LGBTIQ+phobies à travers le monde.

Cette cérémonie rend également hommage à Bartholomé Tecia, collégien de 15 ans exécuté à Genève en 1566 pour « crime de sodomie ». Son histoire rappelle que les violences et discriminations envers les personnes LGBTIQ+ ne sont pas nouvelles et que le devoir de mémoire reste essentiel.

Organisée par le Service Agenda 21 – Ville durable de la Ville de Genève, en collaboration avec les associations Network Genève et Dialogai, la cérémonie a réuni des représentant·e·x·s du monde associatif, politique et militant autour d’un moment de recueillement et de solidarité.

Les prises de parole d’Alfonso Gomez, maire de Genève et conseiller administratif en charge de l’Égalité et de la Diversité, ainsi que de Nathalie Fontanet, conseillère d’État, ont rappelé l’importance de poursuivre la lutte contre toutes les formes de discriminations et de violences visant les personnes LGBTIQ+.

Cette année, la cérémonie a été animée par Greta Gratos, qui a accompagné avec sensibilité ce moment de mémoire collective. Un lancer de fleurs a également eu lieu en hommage aux personnes victimes de haine, de persécutions et de violences à travers le monde.

La plaque commémorative installée place Bel-Air depuis 2013, à l’initiative de Network Genève et avec le soutien de la Ville de Genève, continue de porter un message fort : celui de la mémoire, de la dignité et de la visibilité des personnes LGBTIQ+.

Dans un contexte où les droits LGBTIQ+ restent fragilisés dans de nombreux pays, cette cérémonie rappelle l’importance de défendre une société plus inclusive, respectueuse et solidaire.

Interventions durant la cérémonie

En cette Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie, nous sommes réunis ici à Genève, en ce lieu autrefois symbole de répression, pour affirmer quelque chose de simple et d’essentiel : les personnes LGBTIQ+ ont le droit d’exister. D’exister pleinement. Librement. Et dignement.

Cette évidence devrait aller de soi. Et pourtant, partout dans le monde, nous voyons progresser les discours de haine, les attaques contre les droits fondamentaux et les tentatives d’effacement. Dans de nombreux pays, les libertés reculent. Les relations entre personnes de même sexe sont criminalisées. Les droits des personnes trans sont remis en cause. Les campagnes de désinformation se multiplient. Et trop souvent, les minorités deviennent les cibles faciles de mouvements politiques qui prospèrent sur la peur, le rejet et la division.

Face à cela, nous devons répondre avec clarté et avec détermination, que les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, intersexes et queer n’ont jamais été une parenthèse de l’histoire. Qu’elles ont toujours existé ; dans toutes les sociétés et à toutes les époques. Souvent invisibilisées. Souvent persécutées. Mais toujours présentes.

C’est tout le sens de l’édition 2026 de la Campagne contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie portée par la Ville de Genève, que nous clôturons aujourd’hui. Intitulée « EXISTER / RÉSISTER – Existences queers : résister à l’effacement », cette campagne a permis d’explorer à travers de nombreux événements les manières dont les personnes LGBTIQ+ existent et résistent depuis toujours. Ces événements ont également permis de rappeler que la lutte pour leurs droits ne peut pas reposer uniquement sur les personnes qui subissent les discriminations. Et que nous devons unir nos forces pour défendre une ville ouverte, diverse et démocratique, où chacune et chacun peut vivre sans peur, sans honte et sans avoir à se cacher.

Cet engagement se traduit concrètement dans le soutien que la Ville apporte aux associations, dans les actions de sensibilisation, ainsi que dans les rencontres et les débats organisés.

Il prend corps également dans les symboles visibles de notre ville : les drapeaux déployés sur le Pont du Mont-Blanc et le Palais Eynard toute cette semaine, ainsi que dans les couleurs des fiertés qui illumineront le Jet d’eau ce soir à la tombée de la nuit, grâce à l’engagement fidèle des Services industriels de Genève. Ces symboles constituent notamment un signal adressé à toutes les personnes LGBTIQ+ qui en doutent : ici, à Genève, vous avez votre place.

En rendant aujourd’hui hommage à Bartholomé Tecia, jeune collégien de quinze ans, exécuté en ce lieu en 1566 par les autorités genevoises pour « crime de sodomie », nous pensons à toutes les personnes persécutées en Suisse et dans le monde en raison de leur orientation affective et sexuelle ou de leur identité de genre.

Je souhaite bien sûr remercier Dialogai et Network Genève, avec qui nous construisons chaque année cette commémoration et ce travail essentiel de mémoire, de visibilité et de solidarité.

Je tiens également à remercier chaleureusement Madame la Conseillère d’État Nathalie Fontanet pour sa présence, ainsi que pour cette collaboration précieuse.

Et à vous touXtes, je rappellerai encore ceci : dans ce combat pour l’égalité, contre la haine et contre l’effacement, la Ville de Genève est et restera à vos côtés.

Je vous remercie de votre attention.

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