A la découverte de l’équipe : Interview de Rémy Gainet, praticien certifié en Reiki

Rencontrez Rémy Gainet, praticien Reiki et militant engagé aux côtés de Dialogai et Checkpoint Genève. Après un parcours dans la cosmétique à Paris, il a opéré un virage personnel et professionnel pour se consacrer au bien-être, à l’accompagnement et à la santé mentale des personnes LGBTIQ+. Il revient sur son cheminement, son rôle au sein de l’association, et les besoins essentiels à cultiver pour que chacun·e·x puisse se sentir aligné·e·x dans un monde parfois hostile.

Quel est ton parcours ?

J’ai grandi dans un petit village de l’Est de la France puis j’ai suivi un parcours scolaire scientifique, et ai fini avec un master en administration et gestion d’entreprise. J’ai ensuite travaillé une dizaine d’années dans le secteur de la cosmétique à Paris, où je suis passé de conseiller de vente/maquilleur à adjoint de boutique. Ce qui me plaisait le plus dans ce métier, c’était le contact humain, accompagner mes équipes dans leur développement professionnel, les former et les voir progresser.

C’est un peu par hasard, lors d’un repas de famille, que j’ai découvert le Reiki. Une formation d’initiation m’a profondément marqué : elle m’a permis de prendre conscience de mon mal-être à l’époque et m’a donné l’élan pour transformer ma vie. J’ai quitté mon emploi, suivi une formation professionnalisante pour devenir praticien Reiki, déménagé en Haute-Savoie et recommencé de zéro dans le Genevois.

En parallèle, je me suis investi dans des actions associatives, notamment avec AIDES à Paris, puis avec plusieurs collectifs à Genève (Everybosdy’s Perfect, Minds, Dialogai, Geneva Pride…). Aujourd’hui, je partage mon temps entre un emploi salarié toujours dans les cosmétiques et la pratique du Reiki où j’accompagne des personnes vers un mieux-être durable.

En quoi consiste ton travail à Checkpoint Genève ?

J’y propose des séances de Reiki, ouvertes à toutes les personnes LGBTIQ+ et leurs allié·e·x·s. L’idée, c’est de créer un moment de pause, un cocon où on peut souffler un peu. Tous les derniers jeudis du mois, les séances sont gratuites.
La séance se déroule en trois temps : on commence par discuter pour identifier ce qui amène la personne, puis on passe à la pratique (entre 15 et 40 minutes, selon les besoins), et on termine par un petit échange pour faire le point ensemble.
Parfois, je propose aussi des petits exercices de relaxation à refaire chez soi. Les motifs de consultation sont variés : stress, anxiété, troubles du sommeil, confiance en soi… Mon approche vise à favoriser une meilleure connaissance de soi, en douceur, pour permettre à chacun·e·x de mobiliser ses propres ressources et cultiver son bien-être au quotidien.

Selon toi, quels seront les grands enjeux pour Dialogai/Checkpoint Genève en 2025-2026 ?

Pour moi, la santé mentale reste l’un des plus gros enjeux. On traverse une époque assez tendue : montée des extrêmes, recul des droits dans plusieurs pays, discours haineux… Tout ça peut avoir un vrai impact psychologique sur notre communauté.
Ce que je vois souvent, c’est que beaucoup de personnes ne se sentent pleinement elleux-mêmes que dans les espaces communautaires. Mais ce n’est pas suffisant : on a aussi besoin d’outils pour se sentir « safe » en dehors. Prendre soin de sa santé mentale, c’est pas juste pour aller mieux ponctuellement, c’est pour construire quelque chose de plus solide, de plus durable. Et ça change vraiment la manière dont on se tient dans le monde.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton travail ?

Offrir une bulle de calme, de non-jugement, de douceur. Créer un espace où la personne en face de moi peut vraiment être, offrir un espace le plus safe possible, où chacun·e·x peut déposer ce qu’iel traverse sans jugement. Accompagner une personne dans une détente en profondeur, lui permettre de ralentir, de respirer, de se reconnecter. Si, pendant cette heure que tu t’accordes, j’ai pu t’aider à y voir plus clair ou à souffler un peu, alors c’est mission accomplie.

Penses-tu que le trend actuel à l’égard des personnes LGBTIQ+ est positif en Suisse et à Genève ?

Disons que c’est à deux vitesses. Oui, on a de belles avancées — comme le mariage pour touxtes en Suisse, l’accès à la PMA pour les couples lesbiens ou plus récemment la reconnaissance en Inde des femmes trans comme des femmes — et c’est important de le reconnaître.

Mais en parallèle, on sent bien que les discours de haine montent, et que les actes violents aussi. Même au sein de notre propre communauté, parfois, il reste du chemin à faire.

Alors, est-ce que ça va dans le bon sens ? Par moments, oui. Mais rien n’est jamais acquis, et c’est pour ça qu’on a besoin de lieux comme Dialogai, de militant·e·x·s, et de moments de soin pour recharger les batteries.