Gianluca Buonanno, maire de Borgosesia – une ville piémontaise de 13’000 habitants, entre Domodossola et Turin entend bannir de ses rues toute manifestation d’affection entre personnes du même sexe.
Il a rédigé un décret municipal interdisant à deux personnes du même sexe de s’échanger un baiser sur le domaine public de sa commune. «Des gays qui s’embrassent en public? Non merci. A partir de maintenant, dans mes bureaux de syndic et de parlementaire européen, outre le crucifix, il y a aura une photo de Vladimir Poutine«un tel spectacle est moralement dommageable pour les enfants».
Gianluca Buonanno, ancien du parti néofasciste Alliance nationale, est réputé pour des actions plutôt ineptes et a été plus tôt dans l’année expulsé du Parlement pour y avoir agité un poisson.
A Strasbourg, par exemple, Buonanno a revêtu une bourqa ou a fait mine de se moucher dans le drapeau européen. En tant qu’élu local, il a multiplié les mesures saugrenues, comme offrir à ses administrés 50% de réduction sur le Viagra, interdire le blasphème contre l’Eglise catholique ou rebaptiser les rues aux noms de ses héros personnels: Benito Mussolini ou Ayrton Senna… Reste une homophobie débridée et désinhibée. « Si un gay essaie de venir m’emmerder, je lui donne un coup de pied dans les couilles », avait-il notamment averti, au micro d’une émission de radio nationale, en juillet 2013.
Le député européen Daniele Viotti a déclaré : « Ce nouveau décret est juste le dernier coup de publicité pathétique d’ un homme borné qui veut désespérément être sous le feu des projecteurs. Comme toujours, il concentre ses frustrations politiques sur les citoyens qui sont plus vulnérables à la discrimination, dans ce cas les personnes LGBTI. La seule conséquence est que M. Buonanno donne une voix de plus à toutes les pires valeurs qui, malheureusement, circulent toujours en Europe. Ce serait un exercice psychologique intéressant de se demander pourquoi M. Buonanno est si hanté avec l’homosexualité. »
La provocation de Buonanno fait les gros titres de la pressse italienne. L’Arcigay locale l’a qualifiée d’«indécente, c’est le moins que l’on puisse dire. On se demande si Buonanno se rend bien compte de sa fonction: est-ce qu’il sait que dans sa commune et dans sa région, il existe des homosexuels qu’il devrait aussi représenter?» Un appel a été lancé pour l’organisation d’un kiss-in géant dans la cité piémontaise le 6 septembre prochain.
